LES JEUX OLYMPIQUES 2 0 0 8 - PEKIN
 

Pierre de Coubertin

Né à Paris dans une famille aristocratique. Ses parents sont Charles Louis de Frédy et Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy, héritière du château de Mirville en Normandie où Pierre passe son enfance.

Il écarte les carrières militaire et politique. “Colonialiste fanatique” - selon ses propres mots - il accorde une grande place à l’honneur patriotique et au nationalisme. Bercé des souvenirs de l’après-défaite de 1870, il s’engage pour un renouveau de la nation française.

Inspiré par sa propre éducation et ses visites dans des universités britanniques et américaines, il décide d'améliorer l'éducation qu’il juge désuète et sans imagination. Selon lui, le sport occupe une place fondamentale dans le développement de l'individu . Coubertin s'attache donc à en augmenter la place dans l'éducation de la jeunesse. Il préfère la valeur des jeux éducatifs à l’athlétisme allemand militarisé ou à la gymnastique suédoise.

Pratiquant la boxe et l'équitation comme l'aviron ou l'escrime, il prône la pratique sportive et physique comme un moyen de redressement de l’esprit. Pour promouvoir l'athlétisme, son idée est alors de créer une grande compétition internationale qui verrait s'opposer les meilleurs athlètes du monde civilisé.
Inspiré par l’intérêt grandissant que suscite l'olympisme antique à la lumière des découvertes archéologiques d’Olympie, il décide de recréer les Jeux Olympiques. Il annonce son projet le 25 novembre 1892 (année où il arbitre la première finale du championnat de France de rugby entre deux clubs parisiens) dans l'amphithéâtre de la Sorbonne et crée le Comité International Olympique le 23 juin 1894, à Paris.

En 1896, les premiers Jeux Olympiques rénovés ont symboliquement lieu à Athènes, et la fréquence quadriennale est établie. Pierre de Coubertin participe à diverses associations visant à promouvoir le sport, et rédige plusieurs ouvrages pédagogiques. En dépit du succès croissant des premières Olympiades modernes, il ne cesse de tempêter contre le laxisme ethnique des jeux et surtout contre l'éventuelle participation des femmes aux Olympiades.

Pour lui, il s'agit d'un affront majeur à la grandeur et à la pureté originelle de cette compétition. Néanmoins, la pression grandissante des mouvements féministes au cours des années 1920 finit par abattre les règlements mysogynes du Comité International Olympique si bien qu'en 1928, aux jeux d'Amsterdam, les femmes au nombre de 290 font leur entrée triomphale aux épreuves d'athlétisme.

Coubertin s'éloigne du Comité International Olympique en démissionnant du poste de président en 1925. Ruiné, avec deux enfants lourdement handicapés, il s'implique dans l'organisation des Jeux de 1936. Il est malgré tout amer devant la récupération politique trop omniprésente. Il meurt à Genève l'année suivante, victime d'une crise cardiaque.

Il est enterré à Lausanne mais son cœur est inhummé séparément dans un monument près du sanctuaire d’Olympie. Certains auteurs lui prêtent aujourd'hui un rôle actif dans la lutte pour un idéal d'égalité raciale, notamment lors de l'Olympiade de 1904, à St louis, où l'on fait concourir des athlètes d'Amérique, d'Afrique et d'Asie dans le but de les ridiculiser.

Certaines biographies de Pierre de Coubertin relatent en effet qu'il se serait insurgé de cette caricature de compétition en affirmant : « Cette mascarade outrageante se dépouillera naturellement de ses oripeaux lorsque ces Noirs, ces Rouges, ces Jaunes apprendront à courir, à sauter, à lancer et laisseront les Blancs derrière eux » . Voici cependant d'autres déclarations du Baron plus sujettes à polémiques :

* « Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu.
Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. » (Education anglaise).

* « La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s'abaisser à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a raison à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée. » (The review of the reviews, avril 1901).

* « La première caractéristique essentielle de l’olympisme ancien aussi bien que de l’olympisme moderne, c’est d’être une religion. En ciselant son corps par l’exercice comme le fait un sculpteur d’une statue, l’athlète antique honorait les dieux.
En faisant de même, l’athlète moderne exalte sa patrie, sa race, son drapeau. » (Pierre de Coubertin, Les assises philosophiques de l’Olympisme moderne).

* « Les races sont de valeur différente et à la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance. » cité par Boulogne dans La vie et l'œuvre pédagogique de Pierre de Coubertin.

Coubertin n’est pas un apôtre de l'amateurisme, la devise olympique « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort) est du père Didon prieur du collège d'Arcueil et surtout, il n'a jamais dit « l'important c'est de participer », mais en 1908, il reprend une phrase de l'évêque de Pennsylvanie : « L'important dans la vie ce n'est point le triomphe, mais le combat, l'essentiel ce n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu ».